The Secret Sisters : "Tout est allé très vite, nous avons enregistré l’album et moins d’un an après nous tournons en Europe avec Ray La Montagne !"

Les Secret Sisters sont deux sœurs découvertes par beaucoup grâce au single club de Jack White. Originaires d’Alabama, elles proposent une musique country dans la droite lignée du label Sun des débuts. En première partie de Ray La Montagne à l’Olympia le jeudi 17 février elles ont fait sensation, leur premier album est enfin distribué de ce côté-ci de l’Atlantique. On les retrouvera le 9 mai au Divan du Monde. Découverte !
On ne sait rien de vous si ce n’est que vous êtes deux sœurs originaires d’Alabama, aussi que vous avez opté pour un genre séculaire, la musique country. Pourquoi ce choix ? Linda : Je ne sais même pas si nous avons réellement eu le choix, car la musique country c’est d’abord ce que nous sommes, c’est ce que nous avons toujours entendu depuis notre plus jeune âge. Nous avons grandi dans une famille de musiciens, nos grands-parents, nos parents ont toujours joué ce genre de musique, que ce soit du blue grass ou de la musique country. Que pouvions-nous faire d’autre ?
Vos parents sont dans le métier ? Linda : Non, ils jouent uniquement pour s’amuser, en famille, nous avons toujours été entourées d’instruments de musique et dès notre plus jeune âge nous avons chanté ensemble, à l’unisson. Laura : On n’a jamais rien écouté d’autre, donc ça nous semblait naturel d’opter pour ce style country. Il y avait bien quelques hardos aux longs cheveux qui nous entouraient, à l’école notamment, mais ça ne collait pas avec notre éducation, encore moins avec nos vêtements !
Cela aurait pu être une bonne idée de reprendre du Metallica ou du Van Halen façon Johnny Cash ou Hank Williams ? Laura : On te vole cette idée pour notre prochain disque !
Jouez-vous toutes les deux d’un instrument ? Linda : Oui de la guitare mais Laura joue mieux que moi.
Quels sont les disques que vous avez adorés en cachette de vos parents ? Laura : Il est vrai que lorsque nous allions tous les week-ends au festival blue grass avec nos parents, nous avions hâte de rentrer à la maison pour s’abreuver du dernier New Kids On The Block et Paula Abdul, on n’en pouvait du style blue grass. Linda : On était très jeunes, tu oublies les Hanson, Laura, qu’est-ce qu’ils étaient mignons ! Mais il ne faut pas croire, notre père avait les idées larges, il nous a quand même fait écouter les Mamas and the Papas, James Taylor, Crosby, Stills Nash & Young… Il y avait donc quelques albums de musique hippie à la maison.
Comment me décririez-vous la ville d’Alabama ? Linda : Beaucoup d’arbres et de pelouses, des montagnes à l’horizon, et bien évidemment une vraie tradition musicale séculaire pour reprendre ton terme. Laura : Les villes sont plutôt éloignées les unes des autres, c’est une région très croyante avec beaucoup d’église, l’esprit de famille y est très important, les gens connaissent à peu près tous la même vie. On grandit, on va à l’école, on appartient à l’orchestre (marching band) à l’équipe de foot ou de baseball locale, bien que l’on préfère le foot dans le sud, on obtient son diplôme, on va à l’université et on se trouve une femme ou un mari. On se marie et le cycle recommence. C’est ainsi depuis des générations et cela semble immuable.
Sauf pour vous ! Pourquoi avoir voulu monter un groupe et parcourir le monde ? Laura : Je ne voulais pas ! Linda : C’est moi qui l’ai poussés. Laura : Je travaillais déjà comme nourrice à Nashville, je suis un peu plus vieille que Laura, qui continuait ses études de dessinatrice. Un jour, elle m’a demandé de l’accompagner à une audition. Linda : J’ai toujours voulu devenir chanteuse mais j’ai aussi toujours pensé que ça ne marcherait jamais. Laura : Je suis très timide, encore aujourd’hui et ça reste un gros problème. Je n’aime pas être le centre d’attention, et je pensais sincèrement ne jamais être capable de jouer devant plus de 10 personnes. Linda : Donc je me suis rendue à une audition, à Nashville en octobre 2009, encouragée par Laura qui du coup m’a accompagnée. C’est lors de cette audition en arrivant que l’on nous a demandé si nous chantions toutes les deux ensemble. On ne l’avait jamais fait ailleurs que dans notre chambre. On chantait ensemble parce que nous étions sœurs et que nous avions soit entendu les mêmes chansons soit justement on voulait se montrer des chansons que l’on avait découvertes. C’était pour nous naturel, c’est-à-dire que nous n’avions jamais imaginé monté un duo. Laura : Nous ne nous étions jamais entraînées mais nous ne faisions que ça depuis notre enfance donc ça a été assez facile, et comme Linda n’était pas très à l’aise, j’ai répondu que oui, nous étions venues à deux et nous allions chanter à deux. Au bout de 2 titres, on nous a proposé un contrat, sans que l’on ait réellement le temps de réaliser. Linda : Le nom Secret vient de là, c’était un secret même pour nous, et puis comme Roger notre vrai nom était déjà pris, ça tombait très bien. Laura : Tout est allé très vite ensuite, nous avons enregistré l’album avec plusieurs reprises car nous n’avions pas eu le temps d’écrire d’autres chansons, et voilà, moins d’un an après nous tournons en Europe avec Ray La Montagne !
Où avez-vous rencontré T Bone Burnett ? Laura : Nous avons donc eu ce rendez-vous en octobre 2009, nous sommes parties en studio en février 2010 avec Dave Cobb, et T Bone est arrivé au mois de juin. C’est Dave qui lui a fait écouter le disque et T Bone a tenu absolument à rajouter sa touche magique.
Et Jack White ? (ce dernier a produit un single pour son label Third Man Records, indépendamment de l’album) Linda : C’était en même temps que T Bone, il a eu vent du projet par Dave car Jack se tient régulièrement au courant des productions de son label, Beladroit. Il a été immédiatement enchanté et nous a proposé d’enregistrer un single sur son label, ce que nous avons immédiatement accepté.
Quel est celui de ces deux artistes qui a enchanté votre maman au point de vous demander un autographe ? Linda : T Bone représente tellement pour eux, mais nous on adorait les White Stripes, c’est même l’un des rares groupes d’aujourd’hui dont nous connaissions tous les disques. Laura : Nous étions même des fans avant qu’il ne soit question d’une quelconque collaboration. Les White Stripes ont réussi à faire sortir le rock et la musique country de ce circuit très fermé dans lequel souvent il se cantonne. On reconnaît la production de Jack White immédiatement, c’est la même chose pour T Bone, et il est vrai qu’on ne pouvait rêver mieux que ces deux rencontres. Linda : Jack a changé la face de la musique, il y a en lui ce côté conservateur, mais en même temps il appartient à son époque et ne vit pas dans le passé. C’est une vraie chance. Laura : C’était une hantise au début pour nous de rester dans le circuit country, mais grâce à Jack et à cette tournée en compagnie de Ray La Montagne, nous avons accès à un public bien plus large. C’est une chance que nombre de groupes country n’ont pas. Nous allons tourner avec Amos Lee, Bob Dylan, Elvis Costello…
Votre rêve ? Linda : Nous faire prendre en photo devant la Tour Eiffel, nous ne sommes même pas sûres d’avoir le temps ce soir, on va donc être obligé de revenir !
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